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Intrigue #2

Event de Noël

Tout allait bien à Hatfield. Tout allait bien, jusqu’à ce qu’un nouvel Eveillé se manifeste, et chamboule tout. Sans crier gare, les adultes se sont mis à agir comme des enfants, refusant de travailler, se déguisant, jouant dans la rue, fuyant les épinards.
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Welcome to the Family [avec Luciano Valente]

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Gordon Wolfe
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Dim 30 Oct - 2:41

Welcome to the Family


Tout a commencé par une soirée comme les autres. Je patrouillais sur les docks, là où se font le plus souvent les deals de drogue, je neutralisais quelques voyous, j’envoyais un message à la police. Je profitais de l’air marin, du silence troublé par le ressassement des vagues, les mouvements des bateaux et les grognements de mes cibles. Tout allait bien ; il devait être environ vingt heures, j’étais assis sur le toit d’un entrepôt au bord de l’océan. Une magnifique limousine noire arrive très silencieusement et s’arrête à mes pieds. Etrange… que pouvait-elle bien faire ici ? Sur les docks, les véhicules qu’on croise le plus souvent sont des camionnettes, des pickups, voire des porte palettes filant à toute vitesse – mais certainement pas une limousine.

Le chauffeur n’éteignait pas le moteur, mais un homme en costume sortit de la place du passager avant. Il avait une lampe-torche à la main, qu’il alluma et pointa vers moi.

« Gordon Wolfe ? »

Ce mec voulait me parler à moi en particulier, alors ? Comment avait-il fait pour me trouver ? Peu importait ; maintenant, il était là. Je me laissais tomber du toit et ralentissait ma chute au dernier moment ; on aurait pu croire que je n’avais tout simplement pas réagi au choc entre le sol et mes pieds. J’étais maintenant debout face à l’inconnu.

« Je peux vous aider ? »

« Mon Parrain vous invite à dîner. »

Son parrain ? Serait-ce… le fameux parrain de la mafia dont j’ai tant entendu parler ? Il était inaccessible, remonter jusqu’à lui m’avait toujours été impossible. La plupart du temps, j’arrivais à trouver la source de la pègre et à m’occuper des responsables, mais cet homme était introuvable. Et voilà qu’il m’invitait à diner ! Pourquoi ferait-il ça ? Peu importait, en réalité ; c’était une véritable chance. Il me fallait faire la meilleure impression à cet homme : s’il m’invitait, c’est bien qu’il pensait que nous ne devions pas forcément être ennemis. Je demandais à l’homme de main de m’attendre, et sans attendre sa réponse, je posais la main sur un lampadaire proche. « Grid World. » Je me retrouvais dans ma chambre, et enfilais mon costume le plus beau – que je ne portais que très rarement, il faut l’avouer – sans pour autant abandonner mon katana. Un autre voyage à travers le réseau électrique de la ville et me revoilà face à ce bon monsieur.

Il m’ouvrit la porte de la limousine ; je me retrouvais seul à l’arrière. Le voyage se déroula sans encombre, et sans un bruit. La voiture s’arrêta enfin. Le domestique m’ouvrit la portière et me demanda de le suivre vers un magnifique manoir. C’était probablement l’un des plus beaux de toute la ville. J’entrai, guidé par l’homme à la lampe-torche. L’intérieur était, lui aussi, vraiment beau : magnifiquement meublé, c’était vraisemblablement un homme de goût qui vivait ici. Cependant, je reprochais quelque peu la lumière sombre qui instaurait une étrange ambiance. On m’emmena dans une grande pièce qui était, de toute évidence, une salle à manger. Une grande table en occupait le centre, elle était dressée pour le repas de deux personnes.

Je remarquais tout de suite la présence de nombreux gardes du corps dans la pièce. On m’invitait à diner, mais je n’étais pas non plus considéré comme un véritable invité. Peu importait ; si la soirée tournait au vinaigre, ce n’étaient pas quelques gardes et quelques pistolets qui risquaient de me faire tomber. Si toute cette mise en scène était faite pour m’impressionner, c’était raté.

Mon regard se posait enfin sur le fameux Parrain. Les hommes de mains, la lumière tamisée, tout le mystère… tout ça n’était pas nécessaire. Il était assez impressionnant par lui-même. Il était plus jeune que moi ; il semblait plutôt chétif, son physique n’était pas ce qui imposait le respect. Mais son attitude, sa tenue, sa posture, et le fait qu’il soit à la tête d’une organisation aussi puissante à un si jeune âge, tout cela forçait à considérer le Parrain.

Je m’approchais de la chaise qui semblait m’être destinée, mais ne m’asseyais pas. Je comprenais que les manières étaient importantes pour lui. Je gardais l’air sérieux et le regardait, comme attendant son approbation pour m’installer. Ce diner serait sûrement délicieux ; mais je ne pourrais pas en profiter complètement. Dès que j’étais entré dans ce manoir, une partie d’échec avait commencé. Et chaque pièce prise risquait d’altérer le fonctionnement de la ville, sans retour en arrière possible.





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Luciano Valente
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Dim 30 Oct - 23:46
Gordon
Luciano



Luciano était assis confortablement dans un fauteuil en velours pourpre, aux accoudoirs finement ouvragés, dans un pur style Florentin. Un douce et lancinante musique sortait de son tourne disque et envahissait son bureau, tout comme les fines volutes de fumée émanant de la cigarette de son homme de main, discret mais bien présent. Le jour déclinait, à travers ses stores à moitié baissés, et la lumière rasante du soleil teintait la pièce d'une couleur cinglante. Luciano regarda lentement l'énorme pendule à sa gauche : huit heure et demie. Il n'allait pas tarder à arriver. Luciano soupira longuement. Il se leva et s'approcha de la fenêtre en soulevant le store. La rue était inerte, à l'exception du bruissement des premières feuilles d'automne tombant sur le bitume. La vielle ville était l'un des quartiers les plus sereins – du moins en extérieur.

Alors qu'il était pris dans sa contemplation, un corbeau noir, aux reflets argentés, croassa en passant devant sa fenêtre. Il s'y posa, échangea un bref regard avec Luciano, et prit son envol.

Comme si le corbeau le lui avait intimer l'ordre, Luciano quitta son bureau pour rejoindre la salle à manger, son homme de main à sa suite. Le crissement des pneus de sa limousine se fit entendre à l'extérieur. Ils étaient à l'heure. D'un signe du menton, il indiqua l'entrée et le garde du corps s'y dirigea.

Il s'installa en bout de la grande table, dressée pour deux personnes. L'argenterie brillait du faible éclat des bougies allumées. Nul éclairage électrique, telles avaient été ses précisions.

Seuls les bruits de pas résonnaient dans la maison, calme et silencieuse comme à son habitude. Son invité arrivait. Il s'enfonça dans son siège comme pour en faire partie. Il était temps de passer à table.

Gordon Wolfe, le chef des Lights, n'était pas bien difficile à localiser : tout le monde le connaissait, et il suffisait de remonter la trace des bandits de bas étages capturés pour le retrouver. L'homme avait acquis une certaine réputation au sein de la ville, et toute personne influente était, un jour ou l'autre, invité chez le Parrain. Et le fait qu'il soit représentant d'un groupe d'éveillé et rival de son contact à la mairie rendait urgente cette entrevue.

Bien habillé, mais l'arme visible, l'air respectueux mais sûr de lui. Premières impressions. Un intense regard, chargé de respect et d'impression, s'en suivit. Les deux hommes se fixèrent de la sorte durant de longues secondes, cherchant à se jauger avant que la moindre parole ne soit prononcée.


- Gordon Wolfe, dit-il enfin, lentement. C'est un plaisir de vous avoir à ma table. Je vous en prie, asseyez-vous.

Le silence soudainement crevé fut le signal pour trois hommes d'entrer, portant des plats recouverts d'une cloche et une bouteille de Chianti.

- J'espère que vous appréciez les Cannelloni. Je les fais importer directement de mon pays, par les meilleurs traiteurs toscans.

Tout en parlant, il ne lâcha pas son interlocuteur des yeux. Il eut tout juste un geste du doigt pour ordonner au sommelier de servir le vin.

Les serveurs soulevèrent les cloches dans un geste parfaitement synchronisés. Les volutes de fumées interrompirent quelques instants l'échange de regard entre les deux protagonistes. La soirée s’annonçait formidablement haletante.

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Gordon Wolfe
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Lun 31 Oct - 18:35

Welcome to the Family


Le silence se prolongeait, et je regardais cet homme, si jeune mais si puissant. Mon katana pesait contre ma hanche, et je savais bien que le Parrain l’avait vu. Il ne semblait pas en avoir peur ; mais je ne l’avais pas gardé avec moi pour le menacer. J’étais sûr qu’i l’avait très bien compris.

« Gordon Wolfe. C'est un plaisir de vous avoir à ma table. Je vous en prie, asseyez-vous. »

Je prenais place calmement sur la chaise m’étant destinée sans quitter des yeux le maître de maison. Ses paroles étaient lentes, mesurées ; sa voix était chargée d’un accent qui convenait à sa position. Il savait ce qu’il faisait, et il se savait en possession de la situation. La partie avait commencée, et il s’apprêtais à bouger sa première pièce.

Des serveurs apparurent alors que je prenais place. Je les vis du coin de l’œil ; j’étais décidé à garder les yeux braqués sur le Parrain. Les hommes apportèrent le repas, caché par des cloches ; le mafieux avait du goût, il fallait le lui accorder.

« J'espère que vous appréciez les Cannelloni. Je les fais importer directement de mon pays, par les meilleurs traiteurs toscans. »

La conversation n’était pas celle d’un criminel face à un policier. Pourtant, c’était exactement la situation dans laquelle nous nous trouvions : j’espérais que d’ici le dessert, le Parrain se trouverait derrière les barreaux. L’invitation était curieuse, il m’était impossible de la refuser. Sans ce repas, je n’avais presque aucune chance de remonter jusqu’à l’une des plus grandes sources d’activité illégales de la ville. Maintenant que j’étais assis face à lui, je ne pouvais m’empêcher de chercher à découvrir la raison de ma présence à sa table.

Un léger geste du Parrain activa les mouvements d’un homme avec une bouteille à la main. Il nous servit un verre de vin à chacun ; d’après la manière dont il le fit, je comprenais que ce n’était pas un amateur. Toute la soirée avait été planifiée. Les serveurs découvrirent les plats ; pour qui que ce soit d’autre que moi, ils auraient eu l’air de faire le même mouvement au même instant. Mais je ne pouvais apprécier ce genre de prouesse : je voyais la main légèrement tremblante de l’un d’entre eux, je voyais le millième de seconde qui séparait leur action, je voyais la cloche effleurer le bord du plat quand le serveur la soulevait.

Une douce fumée s’éleva des plats, brisant la ligne se formant entre le Parrain et moi, qui était si intense que les hommes de main auraient pu la voir relier nos yeux. La vapeur de la chaleur me permit de remarquer l’éclairage de la pièce, qui jusque-là m’avait échappé. Pas une seule lampe n’était allumée ; seules des bougies éclairaient nos visages. La partie avait donc commencé depuis longtemps… c’était un coup de maître. Subtil, mais le Parrain, en plus de donner le ton et d’accentuer l’ambiance très particulière de son manoir, me faisait comprendre qu’il avait pleinement conscience de mes pouvoirs – et qu’il n’en avait pas peur.

« Les Cannelloni me semblent délicieux. Je ne doute pas de votre choix ; vous êtes un homme de goût. »

Je ne mentais pas. L’odeur qui commençait à parvenir à mon cerveau était délicieuse, et le Parrain n’avait fait preuve que de distinction depuis que ses hommes étaient venus me chercher.

« Pardonnez mon honnêteté, mais je me rends compte que je ne sais pas comment vous appeler. Dans les rues, vos hommes vous appellent uniquement ‘Parrain’, et ceux qui ne sont pas de votre famille emploient un surnom qui m’a toujours paru étrange... ils vous désignent comme l’Imprimeur. »

Je laissais passer quelques secondes mais faisait comprendre que je n’avais pas fini.

« Malgré le temps que j’ai passé à vous chercher, je n’ai jamais entendu votre nom. Je comprends que la famille est d’une importance première pour vous : je suis étonné que celle-ci me soit encore inconnue. Vous connaissez mon nom ; ne serait-il pas naturel que je connaisse le vôtre ? »

Il est vrai que connaitre un nom était important ; mais j’étais sûr que pour le Parrain, cela relevait d’une importance bien plus grande que pour la plupart des personnes. J’espérais seulement que cette déclaration ne l’avait pas énervé et qu’il serait toujours disposé à m’exposer l’objet de ce repas.





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Luciano Valente
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Lun 31 Oct - 19:25

Welcome To The Family

L'homme était aux aguets – loin d'être détendu. Personne ne l'est jamais dans cette demeure. Pas même Luciano.

- Les Cannelloni me semblent délicieux. Je ne doute pas de votre choix ; vous êtes un homme de goût. Pardonnez mon honnêteté, mais je me rends compte que je ne sais pas comment vous appeler. Dans les rues, vos hommes vous appellent uniquement ‘Parrain’, et ceux qui ne sont pas de votre famille emploient un surnom qui m’a toujours paru étrange... ils vous désignent comme l’Imprimeur.

Un très léger sourire se dessina sur les lèvres de l'italien en entendant ce quolibet. Voilà bien longtemps que personne ne l'avait prononcé devant lui, et s'il était employé à titre provocateur, le jeu était subtil. Et Luciano appréciait la subtilité.

- Malgré le temps que j’ai passé à vous chercher, je n’ai jamais entendu votre nom, continua-t-il. Je comprends que la famille est d’une importance première pour vous : je suis étonné que celle-ci me soit encore inconnue. Vous connaissez mon nom ; ne serait-il pas naturel que je connaisse le vôtre ?

Luciano contempla son assiette durant de longs instants, une expression neutre sur le visage, vide, comme toujours. Il s'activa enfin et répondit, tout en entamant la pâte emplie de farce.

- Vous me flattez, Mr Wolfe, je ne suis qu'un modeste humain qui a l'intelligence de ne pas trop se dévoiler... et n'accordez pas trop de crédits à ce qui se dit sur moi. Les gens sont parfois trop méfiants et s'inventent des frayeurs irrationnelles...

Il le regarda à nouveau, très longuement, apprécier le chef d’œuvre de son cuisinier.

- … Alors que le vrai danger est là, sous leurs yeux.

Il attendit que le doute s'insinue en son hôte avant de s'autoriser une bouchée. La saveur du plat le submergea un instant, ravivant des souvenirs qu'il n'avait pas.

- Mr Wolfe, je reconnais que, tout comme vous, je vous observe depuis longtemps. Cette ville est immense – bien assez grande. Cependant il m'a été moins difficile de vous localiser. Vous laissez des traces pour le moins... visibles.

Il prit une deuxième bouchée avant de continuer.

- J'ai moi aussi, ouï dire bien des choses à votre sujet. Vous êtes bien connu à la Mairie – et, notamment, d'une connaissance commune... Un certain Five.

Il se détourna soudainement de son hôte, l'ignorant tout d'un coup, pour poursuivre son repas en fixant un jeu d'échec, posé sur une table voisine. Mentalement, il vit une des pièces bouger.
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Gordon Wolfe
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Mar 1 Nov - 19:11

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Le Parrain brisa notre lien visuel et observa son assiette. Je ne savais pas si je devais commencer à manger avant lui, ou attendre son autorisation. Le temps semblait se ralentir – même pour moi – alors que mon interlocuteur semblait perdu dans ses pensées. Son corps repris vie ; il se saisit de ses couverts et découpa le Cannelloni. Prenant cela comme un signal, je faisais de même : cette pâte me donnait terriblement envie.

« Vous me flattez, Mr Wolfe, je ne suis qu'un modeste humain qui a l'intelligence de ne pas trop se dévoiler... et n'accordez pas trop de crédits à ce qui se dit sur moi. Les gens sont parfois trop méfiants et s'inventent des frayeurs irrationnelles... »

Je goûtais le plat. Absolument délicieux. Tout était parfaitement assaisonné, chaque goût y avait sa place ; les ingrédients étaient frais, à la bonne quantité… le chef devait être excellent. Alors que je mangeais cette première bouchée, le Parrain me regardait. Il n’avait pas encore commencé sa propre pâte ; son regard était pesant.

« … Alors que le vrai danger est là, sous leurs yeux. »

Que voulait-il dire ? Mon hôte ne bougeait plus, il semblait attendre une réaction de ma part. Le vrai danger… Serait-il possible que… ? M’aurait-il empoisonné ? Mon ventre se serra. Serait-ce là les méthodes du Parrain ? Je tombais de haut. Après tant de classe et de courtoisie, il tentait de me supprimer avec un Cannelloni ? Quelle ironie. Mourir ainsi… Ceci dit, je ne me laisserais pas emporter aussi facilement. Je réfléchissais à toute vitesse alors que mon regard se raffermissait ; si je devais mourir, ce ne serait pas sans avoir nettoyé la ville de la présence de ce meurtrier fourbe. Mais je pensais pouvoir m’en sortir : avec beaucoup d’électricité, je devrais pouvoir survivre. Il me faudrait simplement aller à la centrale…

Mais ce ne fut pas nécessaire. Le Parrain goûta à sa propre pâte, le plaisir submergeant immédiatement son visage – un plaisir maîtrisé. Son geste me rassura quelque peu ; il me signifiait que les plats étaient parfaitement sains. Apparemment, il avait véritablement besoin de me parler.

« Mr Wolfe, je reconnais que, tout comme vous, je vous observe depuis longtemps. Cette ville est immense – bien assez grande. Cependant il m'a été moins difficile de vous localiser. Vous laissez des traces pour le moins... visibles. J'ai moi aussi, ouï dire bien des choses à votre sujet. Vous êtes bien connu à la Mairie – et, notamment, d'une connaissance commune... Un certain Five. »

Le Parrain continuait de manger en observant une table voisine. Je n’y faisais pas attention : mon regard était fixé sur mon hôte. Alors, il était proche de Five… pas vraiment étonnant. Celui-là tentait de faire tout ce qu’il fallait pour garder la mainmise sur les activités illicites de la ville. Un véritable cafard… mais en effet, je le connaissais, et en effet, il était influent à la mairie.

Ceci dit, une chose m’embêtait plus que le nom de mon rival. Oui, juste une chose, une toute petite chose.

Le Parrain ne m’avait pas dit son nom.

AAAAAAARGH ! Mais qu’est-ce qu’ils avaient tous, à ignorer mes formules de politesse ? D’abord Ryuko qui ne me serre pas la main, et maintenant ça ? Mais que m’arrivait-il ? Ou plutôt, qu’est-ce qui prenait à toutes ces personnes de m’ignorer ? En y réfléchissant bien, ça avait même commencé avant Ryuko. J’étais allé au supermarché, et la caissière m’a complètement ignoré, comme si je n’étais qu’un paquet de chewing-gum s’achetant tout seul. Et bien… jamais deux sans trois, je suppose.

Il fallait que je me reprenne ; ce repas était important. En balayant cette gêne de mon esprit, je me recentrais sur celle qui torturait constamment ma vie :

« Five… c’est vrai, je le connais depuis longtemps. Je ne le porte pas vraiment dans mon cœur, cependant ; nos chemins se sont séparés il y a longtemps de cela. Nous ne nous sommes jamais réellement entendus… J’imagine que vous faites affaire avec lui. Après tout, il agit bien plus dans l’ombre que dans son bureau, près du maire. »

Je finissais mon Cannelloni. Vraiment merveilleux, il fallait l’avouer. Un serveur remplit mon assiette d’une nouvelle pâte, aussi appétissante que la première.

« N’espérez pas pour autant que nous travaillions ensemble de la même manière. Si vous avez entendu parler de moi, vous savez que je m’efforce de faire tomber les organisations criminelles. Il est d’ailleurs fort possible que moi ou les miens aient perturbé vos activités… C’est pourquoi j’étais surpris par votre invitation à dîner. Vous prenez votre temps pour m’annoncer la raison de ma présence à votre table – bien que j’apprécie l’invitation, et que je suis charmé par le repas. J’imagine, ceci dit, que vous avez vos raisons de vous réserver… il faut savourer le Cannelloni pour savoir de quoi est faite la farce. »

Je prenais une bouchée de ma seconde pâte après avoir terminé de parler, la trouvant aussi bonne que la première. Je me concentrais, cette fois-ci ; je cherchais à décrypter chaque saveur de mon repas. Le regard détourné du Parrain piqua alors ma curiosité. Tournant moi aussi la tête, j’observais, posé sur une table voisine, un échiquier. Alors le Parrain voyait cette soirée de la même façon que moi…

Dans mon esprit, je mis une pièce en mouvement.





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Luciano Valente
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Mer 2 Nov - 12:44

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« Five… c’est vrai, je le connais depuis longtemps. Je ne le porte pas vraiment dans mon cœur, cependant ; nos chemins se sont séparés il y a longtemps de cela. Nous ne nous sommes jamais réellement entendus… J’imagine que vous faites affaire avec lui. Après tout, il agit bien plus dans l’ombre que dans son bureau, près du maire. »

« N’espérez pas pour autant que nous travaillions ensemble de la même manière. Si vous avez entendu parler de moi, vous savez que je m’efforce de faire tomber les organisations criminelles. Il est d’ailleurs fort possible que moi ou les miens aient perturbé vos activités… C’est pourquoi j’étais surpris par votre invitation à dîner. Vous prenez votre temps pour m’annoncer la raison de ma présence à votre table – bien que j’apprécie l’invitation, et que je suis charmé par le repas. J’imagine, ceci dit, que vous avez vos raisons de vous réserver… il faut savourer le Cannelloni pour savoir de quoi est faite la farce. »


Luciano regarda son invité avec un regard neutre, mais un sourire se dessinait lentement sur son visage. Gordon Wolfe l'amusait, c'était indéniable. Il avait une certaine énergie, une manière de pensée, de converser, qui plaisait beaucoup à Luciano. Celui-ci, ayant fini son Cannelloni, posa les coudes sur la table, soutenant son menton avec ses mains croisées, le temps que son invité finisse.

- Vous avez bon appétit, Mr Wolfe, dit-il enfin. Cela fait plaisir à voir. N'hésitez pas à en redemander si vous avez encore faim. J'ai bien conscience que vos petites escapades doivent vous creuser l'appétit.

Il s'adossa contre son fauteuil, mains posées sur l'accoudoir.

- Je ne vous ferez pas l'affront de nier que certaines de mes activités sont considérées... à la limite du légal. Et bien que je n'approuve pas toutes les actions de Mr Garrety, c'est un homme qui tient ses promesses.

Il marqua une pause avant de continuer.

- Il me navre cependant, que vous nous considériez comme... une simple organisation criminelle. Laissez-moi vous prouver que nous sommes bien plus que cela.

Il le regarda intensément, tout en saisissant son verre de vin.

- Je n'apprécie pas, tout comme vous, les petits criminels de bas-étage, qui brutalise la population et se comportent comme des voyous désœuvrés... Il m'arrive parfois de faire affaire avec quelques-uns d'entre eux, que je considère un peu plus malins que les autres, mais souvent il s'avère que ce sont les entrepôts de mes associés qui sont pillés, les clients de mes hôtels qui sont volés, leurs voitures qui sont vandalisées... En vérité, Mr Wolfe...

Il but lentement le contenu de son verre.

- Nous travaillons déjà ensemble.

Il l'observa. Comprenait-il où il venait en venir ? Sans doute. Luciano avait un don pour cerner les gens. Et Mr Wolfe n'avait rien de l'inspecteur stupide.

« échec », pensa-t-il en jetant un œil à la table voisine.
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Gordon Wolfe
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Mer 2 Nov - 14:38

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Je sentais le regard du Parrain peser sur moi. Il avait arrêté de manger après son premier Cannelloni – je commençais à me demander si je n’abusais pas de son hospitalité.

« Vous avez bon appétit, Mr Wolfe. Cela fait plaisir à voir. N'hésitez pas à en redemander si vous avez encore faim. J'ai bien conscience que vos petites escapades doivent vous creuser l'appétit. »

« Petites escapades » ? C’était un bel euphémisme pour désigner mon combat acharné contre les criminels de cette ville.

« Je ne vous ferez pas l'affront de nier que certaines de mes activités sont considérées... à la limite du légal. Et bien que je n'approuve pas toutes les actions de Mr Garrety, c'est un homme qui tient ses promesses. Il me navre cependant, que vous nous considériez comme... une simple organisation criminelle. Laissez-moi vous prouver que nous sommes bien plus que cela. »

Je tournais mon regard vers mon interlocuteur. Il prit son verre de vin d’un air décidé : je sentais qu’un tournant de la soirée était sur le point de se jouer ici. Toute mon attention se focalisa sur le Parrain.

« Je n'apprécie pas, tout comme vous, les petits criminels de bas-étage, qui brutalise la population et se comportent comme des voyous désœuvrés... Il m'arrive parfois de faire affaire avec quelques-uns d'entre eux, que je considère un peu plus malins que les autres, mais souvent il s'avère que ce sont les entrepôts de mes associés qui sont pillés, les clients de mes hôtels qui sont volés, leurs voitures qui sont vandalisées... En vérité, Mr Wolfe... »

La tension de la pièce s’accentua. J’étais très tendu ; qu’allait-il bien pouvoir m’annoncer ? Que prévoyait cet homme si mystérieux ? Que cachaient toutes ces énigmes ? Pourquoi étais-je en train de manger un Cannelloni entouré d’hommes de main que j’aurai aussi bien pu être en train de jeter sur les marches du commissariat le plus proche ?

« Nous travaillons déjà ensemble. »

Ma main droite se crispa. Comment pouvait-il me considérer comme son allié ? Lui qui vivait en se nourrissant dans l’ombre des honnêtes gens, et moi qui ne vivait que pour ces personnes-là ?

Je repensais à ce qu’il m’avait dit. Il n’approuvait en rien les actions des personnes que je mettais en prison : au contraire, il se refusait même à travailler avec eux. Il affirmait que chaque personne que je mettais en prison l’aidait à affermir son emprise sur la ville. En y réfléchissant, il n’avait pas tout à fait tort. De là à dire que je travaillais avec lui… je devrais creuser cette question. Cette courte conversation m’avait permis de comprendre pourquoi une personne aussi jeune était à la tête d’une famille criminelle aussi grande. Le Parrain était un orateur de génie.

Malgré mon estime pour cet homme, qu’il ose m’associer à lui de la sorte avait ravivé de douloureux souvenirs. Je me rappelais la mort de mon père ; combien de meurtres le Parrain avait-il commandité ? Combien de familles avaient été détruites ? Je sentais l’énergie crépiter en moi. Je me contrôlais : il ne fallait pas que je semble agressif. Plutôt que de laisser l’électricité se déchaîner, j’effectuais l’action inverse et tentait d’absorber l’énergie ambiante. Je savais qu’aucun appareil électrique n’était allumé dans la pièce – voire dans la maison – et je savais donc que cela n’aurait aucun effet, à moins que je n’y mette une véritable volonté. Je fixais mon hôte ; il semblait légèrement amusé. Mon esprit se calma : plus aucune pensée ne le traversait. Un silence de mort se fit dans mon cerveau. Le Parrain jeta un coup d’œil vers l’échiquier.

« Échec. »

Que… ? Ses lèvres ne s’étaient pas ouvertes. J’avais cru pouvoir entendre sa voix, lointaine, prononcer ce simple mot. Les poils de mes bras se soulevèrent dans les manches de ma chemise. Le rapprochement effectué entre lui et moi avait dû me perturber ; je m’imaginais des choses.

Ceci dit, il avait raison. J’étais dans une situation difficile. Mes prochaines phrases seraient décisives ; je devais choisir chaque mot avec attention.

« Si ce que vous me dites est vrai, alors il est possible que mes actions vous aient servies. Si ce sont les petits criminels qui vous gênent, il est vrai que je m’occupe d’eux régulièrement. Mais, de là à dire que nous travaillons ensemble… Je ne sais pas si nous pouvons aller jusqu’à cette extrémité. Nous ne cherchons pas à obtenir la même chose, et il m’est très probablement arrivé de perturber vos affaires en corrigeant quelques-uns de vos associés ou de vos hommes de main. »

Je posais mes coudes sur la table et joignais mes mains sous mon visage.

« En réalité… je ne connais pas vos activités précises. La plupart des organisations comme la votre sont très diversifiées, et touchent un petit peu à tout. Vous vous dites à la limite du légal… j’aimerais en savoir plus. Traffic d’arme ? Jeux de hasard ? Prostitution ? Drogues ? »

A mon tour, je prenais le verre de vin.

« Dites-moi, Parrain… dites-moi ce qui vous différencie de ces fameux criminels. Dites-moi ce qui m’empêche de vous jeter en prison comme ces voyous que vous méprisez tant. »

J’avais accentué son titre de mafieux. C’est la première fois que je m’adressais à lui avec ce mot, et je lui faisais comprendre que si je l’appelais ainsi, ce n’était pas pour m’apparenter à son filleul : je soulignais ici son appartenance à la pègre.

Je buvais une gorgée du verre que je tenais devant moi.

« Délicieux. Vous savez recevoir vos invités. »

Je finissais sur une touche plus douce. Je me rendais bien compte que je pouvais avoir énervé mon hôte, mais il était nécessaire pour moi d’en apprendre plus, et je ne pouvais pas le laisser faire de moi un vulgaire mafieux. J’avais vécu ma vie pour être un homme de bien, pour protéger les autres et honorer la dernière volonté de mon père ; j’étais tout sauf un criminel.

Je repensais à notre partie d’échec. « Le roi est sauf… cette fois, c’est votre reine qui est en danger. »





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Luciano Valente
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Jeu 3 Nov - 21:14


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Luciano se retourna vers son invité alors que celui-ci semblait se ressaisir. La réponse qu'il lui offrit fut d'autant plus saisissante que sa gestuelle s'accorda parfaitement sur celle du maître des lieux.

« Si ce que vous me dites est vrai, alors il est possible que mes actions vous aient servies. Si ce sont les petits criminels qui vous gênent, il est vrai que je m’occupe d’eux régulièrement. Mais, de là à dire que nous travaillons ensemble… Je ne sais pas si nous pouvons aller jusqu’à cette extrémité. Nous ne cherchons pas à obtenir la même chose, et il m’est très probablement arrivé de perturber vos affaires en corrigeant quelques-uns de vos associés ou de vos hommes de main. »

« En réalité… je ne connais pas vos activités précises. La plupart des organisations comme la votre sont très diversifiées, et touchent un petit peu à tout. Vous vous dites à la limite du légal… j’aimerais en savoir plus. Traffic d’arme ? Jeux de hasard ? Prostitution ? Drogues ? »

« Dites-moi, Parrain… dites-moi ce qui vous différencie de ces fameux criminels. Dites-moi ce qui m’empêche de vous jeter en prison comme ces voyous que vous méprisez tant. »


Devant cette tirade, Luciano adopta une expression neutre. Il se referma à nouveau et souleva légèrement les lèvres comme pour exprimer un sentiment bien précis, mais il était bien difficile de savoir lequel. Il se saisit de son verre et fixa son interlocuteur avec une intensité redoublée alors que celui-ci s'accorda une lampée de vin.

« Délicieux. Vous savez recevoir vos invités. »

Comme pour lui répondre, Luciano but à son tour, sans quitter son adversaire. Son visage modifié au travers du verre semblait plus déterminé que jamais.

Luciano fit miroiter son verre quelques secondes comme pour apprécier la robe du vin avant de répondre – les yeux posés sur le verre aux reflets rouge sang.


- Je prends grands soin de mes amis, Mr Wolfe.

Il leva les yeux, en sa direction.

- et plus encore de mes ennemis.

Il claqua des doigts et les serveurs les débarrassèrent de leurs assiettes désormais vides.

- A défaut des amis, les ennemis sont les personnes qui vous sont le plus fidèle. Il n'y a rien de plus tenace et déterminé qu'un ennemi.

Il se pencha vers Gordon, baissant d'un ton, comme pour lui révéler un secret.

- C'est un marché fiable.

Il se renfonça dans son fauteuil et reprit sur un ton de la conversation, comme si rien n'avait été dit dans les cinq dernières minutes, alors que les serveurs arrivaient avec un énorme Tiramisu posé sur un plateau d'argent.
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- Vous pourrez vérifier auprès de la mairie, les uniques bâtiments déposés à mon nom sont parfaitement légaux et je vous invite à faire le tour de mes institutions, elles n'ont rien à cacher. Il en est de même avec celles des membres de ma famille. Seules, mes méthodes sont... discutées. Bien entendu, vous pourriez supposer que la Mairie n'est pas fiable, car vous la supposez sous mon contrôle. Et dans ce cas, quelles solutions s'offrent à vous ?

Un serveur sortit un immense couteau et s’apprêtait à tailler une belle part de gâteau.


- Si vous m'arrêtez, c'est que les institutions à laquelle vous me remettez me sont fidèles. Les prisons, les avocats, trouveraient un moyen de me faire sortir. Pendant cette période d'instabilité, les petits groupuscules que vous soupçonnez d'être à mon service profiteraient d'une courte liberté pour semer le chaos en ville, et reviendrai à l'ordre une fois de retour. Ce qui n'est, de fait, pas dans votre objectif.

Le couteau tomba une fois.

- Vous pourriez, tout autant, m'éliminer sur le champ. Ce qui auraient des conséquences plus dramatiques encore : la Mairie, perdant son contact avec la plèbe, vous désignerait en responsable du meurtre d'un innocent. Vous seriez vu comme un meurtrier, perdrez vos supports, vos alliés. Un Chevalier Noir... dont l'identité est connue de tous.

Le couteau tomba une deuxième fois.

- Bien entendu, et tout raisonnable que vous êtes, vous pourriez prêter bonne foi à la Mairie, les écouter vous dire que je suis un homme respectable, et les croire. Il n'y aurait, alors, aucune raison de me chercher grief, n'est-ce pas ?

Les serveurs posèrent les assiettes recouvertes d'une énorme part de Tiramisu devant les deux hommes.

- Par ailleurs, continua Luciano en se saisissant de sa cuiller, pour vous dissuader d'agir en intermittence, je pourrais vous promettre quelque soutien dans votre noble croisade contre les petits malfrats, en échange de votre... bonne foi ?

Il abattit sa cuiller contre l'assiette, dans un geste ferme, et la porta à sa bouche.

- Buon appetito ! Dit-il avec un semblant de sourire, ce qui sonna comme « échec et mat » dans sa voix.
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Gordon Wolfe
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Sam 5 Nov - 13:52

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Le Parrain n’était pas perturbé par mes propos. Pas le moins du monde. Au contraire, il avait un regard me faisant penser que j’avais marché droit dans son piège en pensant m’en dépêtrer.

« Je prends grand soin de mes amis, Mr Wolfe. Et plus encore de mes ennemis. »

Devrais-je me sentir concerné ? Si c’était le cas, le Parrain n’avait aucune chance. Il était peut-être à la tête d’une très grande famille, et avait peut-être de très nombreuses ressources, mais j’étais déterminé, et je connaissais ma force – tous les hommes de main du monde ne pourraient venir à bout de moi. Alors que je réfléchissais à la meilleure manière de mettre tous ses hommes KO sans qu’ils ne puissent réagir, tout en me demandant si mon hôte avait réellement l’intention de faire de moi son adversaire, celui-ci ordonna, d’un geste aux serveurs, que nos assiettes soient débarrassées.

« A défaut des amis, les ennemis sont les personnes qui vous sont le plus fidèle. Il n'y a rien de plus tenace et déterminé qu'un ennemi. C'est un marché fiable. »

La façon dont il avait dit cette dernière phrase me mettait quelque peu mal à l’aise ; j’avais l’impression qu’il était prêt à exploiter n’importe quoi, et n’importe qui, pour arriver à ses fins. Peu importe les dégâts causés sur le chemin. Mais je ne pouvais pas nier que ce qu’il disait était vrai : Five était bien le plus fidèle des emmerdeurs.

Les serveurs revinrent avec un étrange gâteau qui ne me rappelait rien de ce que j’avais pu voir auparavant. Je ne mangeais pas énormément dans le quartier international, et mes connaissances culinaires majoritaires étaient concentrées sur la cuisine américaine : si je n’y connaissais rien en dessert italiens, je pouvais dire de quel restaurant venait n’importe quel burger en y mettant une seule bouchée. Voyant cette douceur arrivée, le Parrain s’installa plus confortablement dans son fauteil.

« Vous pourrez vérifier auprès de la mairie, les uniques bâtiments déposés à mon nom sont parfaitement légaux et je vous invite à faire le tour de mes institutions, elles n'ont rien à cacher. Il en est de même avec celles des membres de ma famille. Seules, mes méthodes sont... discutées. Bien entendu, vous pourriez supposer que la Mairie n'est pas fiable, car vous la supposez sous mon contrôle. Et dans ce cas, quelles solutions s'offrent à vous ? Si vous m'arrêtez, c'est que les institutions à laquelle vous me remettez me sont fidèles. Les prisons, les avocats, trouveraient un moyen de me faire sortir. Pendant cette période d'instabilité, les petits groupuscules que vous soupçonnez d'être à mon service profiteraient d'une courte liberté pour semer le chaos en ville, et reviendrai à l'ordre une fois de retour. Ce qui n'est, de fait, pas dans votre objectif. Vous pourriez, tout autant, m'éliminer sur le champ. Ce qui auraient des conséquences plus dramatiques encore : la Mairie, perdant son contact avec la plèbe, vous désignerait en responsable du meurtre d'un innocent. Vous seriez vu comme un meurtrier, perdrez vos supports, vos alliés. Un Chevalier Noir... dont l'identité est connue de tous. Bien entendu, et tout raisonnable que vous êtes, vous pourriez prêter bonne foi à la Mairie, les écouter vous dire que je suis un homme respectable, et les croire. Il n'y aurait, alors, aucune raison de me chercher grief, n'est-ce pas ? »

Alors que l’homme discourait, mon esprit tournait à toute vitesse, réfléchissant à mes options. Je ne voyais aucun signe de mensonge dans son regard ; d’ailleurs, pourquoi mentirait-il ? Maintenant que je connaissais sa résidence, m’apercevoir d’une irrégularité, aussi minime soit-elle, dans n’importe lequel de ses comptes me donnerait le champ libre pour le jeter en prison. Mais il était persuadé qu’il n’y resterait pas longtemps ; était-ce bien vrai ? Serait-il blanchi aussi simplement que cela ? Ce qu’il disait pouvait bien être vrai. Mais il y avait d’autres moyens d’enfermer un homme qu’en le mettant en prison. Quant aux criminels semant le chaos en ville en son absence, cela poserait en effet un problème : je pourrais mobiliser mes Lights pour surveiller la ville, et faire moi-même des patrouilles intensives afin de réduire les crimes à leur minimum, mais le véritable danger serait que les Darks en profitent pour semer le chaos. Il serait alors beaucoup plus dur de rétablir l’ordre…

Le Parrain me proposait alors de le tuer. Il semblait vraiment avoir tout prévu… me faire accuser par la Mairie, moi ? Il est vrai que tous les employés de la Mairie n’étaient pas dignes de confiance, malheureusement. Par ailleurs, je n’avais aucune preuve contre mon hôte : on pouvait toujours assurer qu’il n’avait rien à voir avec quoi que ce soit d’illégal, et qu’il était simplement un riche entrepreneur craignant pour sa propre sécurité. Alors quoi ? Cet homme était-il vraiment intouchable ?

Mais le Parrain n’avait pas fini son plaidoyer.

« Par ailleurs, pour vous dissuader d'agir en intermittence, je pourrais vous promettre quelque soutien dans votre noble croisade contre les petits malfrats, en échange de votre... bonne foi ? »

Ma bonne foi… c’était donc pour ça que j’étais assis à manger des Cannellonis avec un parfait inconnu. Je commençais à voir le tableau. Il voulait que je sois un de ses associés, en quelque sorte. Du moins, il voulait acheter une trêve entre nous. J’avais toujours évité de me lier avec quelque criminel que ce soit, bien que très nombreux avaient tenté d’acheter leur liberté contre des informations. Pourrais-je vraiment abandonner maintenant ?

« Buon appetito ! »

Le Parrain commença à manger son étrange gâteau. Une part était également posée devant moi ; elle avait l’air délicieuse. Je me saisissais de ma fourchette pour goûter le plat, mais ce n’était que pour réfléchir une seconde. Il y avait toujours eu des crimes dans cette ville ; peu importe le nombre de Lights. Il y en aurait probablement toujours, et je ne pouvais rien y faire. Peut-être que cet homme était la solution. Je ne m’étais jusqu’alors que peu intéressé à lui, car ses employés restaient discrets. La police ne m’en avait que très peu parlé, assez pour ne pas même me communiquer son nom. Pourtant, il semblait avoir la mainmise sur grande partie du crime organisé d’Hatfield. Le laisser en place pourrait peut-être permettre de calmer les ardeurs de chefs de gangs moins raisonnables. M’associer à cet homme me révulsait, car je savais que sous ses airs de gentleman se trouvait le sang des victimes de ses affaires. Pouvais-je vraiment lui en vouloir ? Moi aussi, j’avais tué. J’avais fait couler le sang.

En y réfléchissant, sa proposition m’était plus profitable qu’elle ne lui était. Je ne m’attaquais que déjà peu aux siens, qui faisaient beaucoup d’actions légales de toute évidence, et qui, s’ils agissaient illégalement, le faisaient assez discrètement pour pas que je ne m’en rende compte. En revanche, lui pourrait me donner des informations sur ses ennemis, ceux qu’il souhaitait voir tomber. Un arrangement pareil semblait bien me profiter. Mais il y devait bien y avoir un avantage pour le Parrain ; un homme tel que lui ne faisait jamais rien sans en profiter. Si ses informations sur d’autres criminels me mettaient à son service, je ne pourrais rien accepter de lui. Je devenais perdant.

Le gâteau était délicieux. Pouvait-on être aussi maléfique en commandant un gâteau pareil ? En y repensant, je ne savais pas ce que Five aimait manger. Il faudrait que je me renseigne.

« Vous savez recevoir, je vous l’accorde. Je ne remettrais pas votre parole en cause – votre raisonnement me semble parfaitement logique. Il me semble que je doive choisir le moindre de deux maux, et en l’occurrence, il s’agit bien de vous. Si vous pouvez garder les criminels les plus dangereux pour la population à distance de cette ville, nous pourrions nous entendre. »

Je reprenais une bouchée du gâteau mystérieux. Vraiment, c’était délicieux.

« Je n’interromprais pas vos opérations – du moins, si celles-ci ne me semblent pas inacceptable. Je ne pourrais vous laisser tuer des hommes impunément, et je préférerais que vous m’informiez de vos problèmes si leur résolution entre dans mes compétences. Avec les bonnes informations, je pourrais faire tomber tous vos ennemis, ce qui ferait de nous deux des gagnants : les rues seraient sûres, et vous auriez le champ libre. »

Encore une bouchée. Couper mon discours ainsi aurait peut-être un certain effet, mais la réalité était tout autre. Il me faudrait découvrir ce que j’étais en train de manger.

« J’aimerais cependant vous prévenir. Bien que votre proposition m’intéresse, je ne ferais aucune action illégale ou immorale afin de vous faire plaisir. Ne pensez pas m’avoir passé une laisse autour du cou : car si chaque action que je ferais pour vous pourrais vous servir de moyen de pression contre moi, chaque information que vous me donnerez en sera un pour moi. Comment auriez-vous pu savoir que le chef des Mexicains achèterait des armes à quinze heure, par exemple ? Je ne suis pas assez bête pour vous laisser me rouler de la sorte. Nous serons en constante relation de dissuasion mutuelle – pas nucléaire, mais presque. Bien entendu, notre… arrangement resterait secret. Quel service pourrais-je vous rendre en tant que héros déchu ? Et bien sûr, le public ne comprendrait pas ma décision. Si je veux continuer à les protéger efficacement, j’ai besoin d’avoir leur soutien. »

Je regardais le Parrain dans les yeux.

« J’ai cru comprendre que c’était ce que vous attendiez de ce dîner, après tout. »





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Luciano Valente
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Sam 5 Nov - 17:03

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Luciano sût qu'il avait gagné avant que son interlocuteur ne relève les yeux. La manière qu'il avait eu de les baisser sur son assiette ne permettait pas le doute : il réfléchissait à sa proposition. Et ce n'est pas le genre de proposition que l'on refuse après réflexion.


« Vous savez recevoir, je vous l’accorde. Je ne remettrais pas votre parole en cause – votre raisonnement me semble parfaitement logique. Il me semble que je doive choisir le moindre de deux maux, et en l’occurrence, il s’agit bien de vous. Si vous pouvez garder les criminels les plus dangereux pour la population à distance de cette ville, nous pourrions nous entendre. »

Je n’interromprais pas vos opérations – du moins, si celles-ci ne me semblent pas inacceptable. Je ne pourrais vous laisser tuer des hommes impunément, et je préférerais que vous m’informiez de vos problèmes si leur résolution entre dans mes compétences. Avec les bonnes informations, je pourrais faire tomber tous vos ennemis, ce qui ferait de nous deux des gagnants : les rues seraient sûres, et vous auriez le champ libre. »


Le sourire de Luciano s'élargit. Gagné.

« J’aimerais cependant vous prévenir. Bien que votre proposition m’intéresse, je ne ferais aucune action illégale ou immorale afin de vous faire plaisir. Ne pensez pas m’avoir passé une laisse autour du cou : car si chaque action que je ferais pour vous pourrais vous servir de moyen de pression contre moi, chaque information que vous me donnerez en sera un pour moi. Comment auriez-vous pu savoir que le chef des Mexicains achèterait des armes à quinze heure, par exemple ? Je ne suis pas assez bête pour vous laisser me rouler de la sorte. Nous serons en constante relation de dissuasion mutuelle – pas nucléaire, mais presque. Bien entendu, notre… arrangement resterait secret. Quel service pourrais-je vous rendre en tant que héros déchu ? Et bien sûr, le public ne comprendrait pas ma décision. Si je veux continuer à les protéger efficacement, j’ai besoin d’avoir leur soutien. »

Luciano s'accorda une deuxième part de Tiramisu comme récompense. Il avait toujours eu un faible pour le sucré.

- Je vois que nous nous sommes compris, Mr Wolfe, dit-il alors que son serveur déposait l'énorme part dans son assiette. A nous deux nous pourrons faire de cette ville un havre de paix.

L'exagération dans sa voix était discrète, mais présente.

- J'admire les hommes comme vous, pleins de principe. Mais je les admire d'autant plus quand ils savent faire des compromis au profit des autres. Cette décision peut sembler vous tâcher d’opprobre, mais en réalité elle vous emplit de noblesse.

Il marqua un temps. La tension dans la pièce était descendu d'un cran maintenant qu'un contrat officieux liait les deux hommes, mais l'ambiance n'était pas détendue pour autant.


- Tout dépend de la manière dont l'on voit les choses.

Il entama sa nouvelle part et, les yeux baissés sur son assiette, continua :

- Mais rassurez-vous, les compromis que je vous demanderais ne seront pas aussi extrêmes que ce que vous évoquez. Il n'est nullement question de perpétrer un massacre ou d'extorquer d'honnêtes gens... Ce n'est pas dans nos méthodes.

Il releva la tête, légèrement penchée. La conversation perdait de son intérêt à présent.

- Je comprends bien votre répulsion à cette association, et j'en tiendrais compte. Les services que je vous demanderais seront à la hauteur de ceux que je vous rendrais. Et comme vous l'avez souligné, il ne m'est aucunement profitable de vous dénoncer à qui que ce soit. A condition, bien entendu, que que vous me devanciez...

Il lui sourit, mais sans laisser paraître la moindre expression.

- Vous voyez, c'est un marché fiable.

Un signe de tête et les serveurs revinrent, portant des verres de digestifs, alors que Luciano finissait son dessert.

- Je vous recommande d'accepter ce verre d’armagnac,  indiqua-t-il en appréciant la couleur de sa boisson.

Il l'avala d'un trait avant de conclure :

- Ces Cannelloni étaient si peu digestes qu'elles pourraient vous clouer au lit. Définitivement.
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Gordon Wolfe
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Mer 9 Nov - 20:47

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Le Parrain se fit resservir une part du mystérieux gâteau. Il avait l’air délicieux, mais j’avais déjà mangé assez de Cannellonis : une seule part m’avait suffi.

« Je vois que nous nous sommes compris, Mr Wolfe. A nous deux nous pourrons faire de cette ville un havre de paix. J'admire les hommes comme vous, pleins de principe. Mais je les admire d'autant plus quand ils savent faire des compromis au profit des autres. Cette décision peut sembler vous tâcher d’opprobre, mais en réalité elle vous emplit de noblesse. Tout dépend de la manière dont l'on voit les choses. »

C’était une manière plus agréable de voir les choses. Mon hôte n’avait peut-être pas tort ; peut-être qu’un observateur extérieur pourrait comprendre ma situation. Mais je ne faisais pas ce que je faisais pour avoir des admirateurs. J’aidais les habitants de cette ville afin d’honorer la mort de mon père. Peu importe comment le Parrain me montrait cette situation, elle n’était pour moi qu’une épine dans le cœur. Il fallait cependant choisir un mal moins grand que la crime organisé d’Hatfield, et ce mal semblait bien être en train de manger un gâteau en face de moi.

« Je comprends bien votre répulsion à cette association, et j'en tiendrais compte. Les services que je vous demanderais seront à la hauteur de ceux que je vous rendrais. Et comme vous l'avez souligné, il ne m'est aucunement profitable de vous dénoncer à qui que ce soit. A condition, bien entendu, que que vous me devanciez… Vous voyez, c'est un marché fiable. »

Au moins, cet homme comprenait bien que je n’étais pas comme l’un de ses partenaires criminels habituels. Avec un peu de chance, tout se passerais sans encombre et je n’aurais pas à regretter trop profondément mes choix du soir.

Sur un signe du maître de maisons, les serveurs nous offrirent des petits verres d’alcool. Même dans un si petit récipient, le liquide était magnifique ; tout, dans cette maison, était définitivement soigné. Une telle distinction m’assurait au moins de l’intégrité du Parrain. Du moins, je l’espérais…
Je remarquais que le serveur avait glissé une petite carte de visite sous le verre. Je m’en saisissais afin d’en lire le contenu. « Luciano Valente », hein… c’était donc là le nom de mon hôte. La carte le désignait comme directeur général d’un établissement que je ne connaissais que trop bien : le Lucky Seven. L’adresse était annotée, mais je n’en avais pas besoin : je savais exactement où il se trouvait. Son mail professionnel était également annoté ; cela pourrait s’avérer très utile dans le futur.

« Je vous recommande d'accepter ce verre d’armagnac. Ces Cannelloni étaient si peu digestes qu'elles pourraient vous clouer au lit. Définitivement. »

Mon hôte vida son verre sans plus attendre. Cela voulait-il dire que… non. Impossible. Il aurait empoisonné mon repas afin de s’assurer que, si je quittais la table avant la fin du dîner, je ne pourrais pas le dénoncer ? Heureusement que je l’avais joué fine. Enfin…

Je buvais le fameux armagnac. Un alcool fort, mais j’en avais vu d’autres. J’osais espérer que, si les pâtes étaient vraiment mortelles, alors l’alcool serait véritablement salvateur. Mais, en y réfléchissant… le Parrain avait lui aussi mangé un Cannelloni. Ils venaient probablement du même plat… aurait-il pris le risque de goûter à son propre poison ? Avec n’importe quelle autre personne, j’aurai été sûre que non, mais cet homme était un mystère total. Jusqu’où son respect de l’hospitalité pouvait-il aller ?

Sur ces bonnes pensées, je me levais en reposant mon verre sur la table. Un dernier regard vers le Parrain me lançait sur les derniers mots de cette soirée.

« Merci pour ce repas. C’était délicieux ; vous pourrez féliciter votre chef. J’espère que le plat n’était pas assez indigeste pour que j’en passe une trop mauvaise soirée, et que cet armagnac aura des vertus suffisantes pour m’en garder, le cas échéant… »

Je me retournais et commençais à me diriger vers la porte du couloir d’où j’étais venu.

« J’aime beaucoup votre maison, également. Vous avez un véritable sens du style, et êtes un hôte très agréable. J’ai beaucoup apprécié l’ambiance… »

Je posais ma main sur l’embrasure de la porte qu’un homme de main venait d’ouvrir pour moi et m’arrêtais, la tête à moitié retournée vers le Parrain, toujours assis à sa table.

« Bien que je ne sois pas spécialement amateur d’une telle pénombre. »

Je concentrais une puissante dose d’énergie dans ma main. Je pouvais sentir un câble électrique dans le mur ; il était à une distance considérable, mais c’était assez proche pour moi. Je relâchais une vague d’électricité vers le câble, sans que personne ne puisse le remarquer : avec ma main posée sur le mur, l’énergie l’avait traversé immédiatement. Les câbles s’éveillèrent à ma demande, et le réseau s’activa. Moins d’une seconde après la fin de ma réplique, toutes les lumières du manoir s’allumèrent.

« Bonne fin de soirée. »

Sur ces mots, je traversais le couloir afin de quitter la maison. Je n’avais pas pu voir la réaction du Parrain, qui était dans mon angle mort ; mais les gardes du corps postés dans mon champ de vision eurent tous un brusque sursaut à l’allumage. Mais cet homme était d’une autre trempe ; mon action ne visait pas à le surprendre. Je souhaitais lui faire comprendre que nous ne jouions pas dans la même cour. Et que malgré la victoire qu’il semblait avoir dégusté, je ne me laisserais pas faire aussi facilement.



Fin du RP, à moins que tu n'ai quelque chose à rajouter mon cher!





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Jeu 17 Nov - 18:47

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Son invité vida son verre non sans une lueur de stupeur qui traversa ses yeux le temps d'un instant. Luciano le regardait avec la tête penchée, pareillement à un enfant observant avec curiosité un insecte pris au piège sous un verre transparent.


« Merci pour ce repas. C’était délicieux ; vous pourrez féliciter votre chef. J’espère que le plat n’était pas assez indigeste pour que j’en passe une trop mauvaise soirée, et que cet armagnac aura des vertus suffisantes pour m’en garder, le cas échéant… »

Le sourire de Luciano n'offrait aucune véritable réponse. Il caressa machinalement la bordure de son verre et le posa sur la table, renversé.

« J’aime beaucoup votre maison, également. Vous avez un véritable sens du style, et êtes un hôte très agréable. J’ai beaucoup apprécié l’ambiance… Bien que je ne sois pas spécialement amateur d’une telle pénombre.  Bonne fin de soirée. »

Et il disparu dans un flash lumineux. Luciano soupira et souleva son verre d'un air triste.


- Il semblerait que tu aies trouvé un adversaire à ta hauteur, indiqua Ailill, sortant de l'ombre, apparu aussi brusquement que Gordon était parti.

- Il a le sens du spectacle, de la répartie, il me déteste cordialement... et il joue plutôt bien aux échecs.

Il sourit.

- En effet. C'est un investissement fiable.
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